24/09/2013

Débat RTS (1): Paganini au violon

rts,débat,gaelle lavidière,rémy pagani,eric stauffer,anne emery torracinta,sandrine salerno,delphine perrella gabus,gauche,droite,canon,monopole,caliméro,Gaëlle Lavidière est formidable. Depuis des années j’apprécie son professionnalisme et son respect de l’interlocuteur. Hier soir à Onex, lors du débat RTS 2 pour les élections d’octobre, elle est restée fidèle à elle-même. Bravo Madame Lavidière.


Je passe quelques candidats en revue. Ils ont certainement tous des qualités: personnelles, intellectuelles ou de gestion. Je n’en parlerai pas. Ils s’en chargent eux-mêmes ou ont quelques thuriféraires qui passent l’encens. Je m’en tiendrai à un regard décalé, jeté en quelques traits et forcément subjectif. Quoique...


rts,débat,gaelle lavidière,rémy pagani,eric stauffer,anne emery torracinta,sandrine salerno,delphine perrella gabus,gauche,droite,canon,monopole,caliméro,Rémy Pagani: ah, il a dû faire le conservatoire, lui. Il excelle dans le rôle de victime. Il dénonce un crime de lèse-majesté: l'avoir mis sur un strapontin! Il joue au Caliméro grincheux, tient son micro comme Paganini tenait son violon. Son défi? N’avoir aucun programme sans le montrer. Il pleurniche avec véhémence et quitte le plateau sur une petite phrase qui l’exonère de tout: «Il s'agit de dire que la population genevoise souffre.» L’art de pêcher les voix avec rien d’autre que de l’émotion feinte. Les gens qui quittent le plateau ne devraient plus être invités. N’empêche: il a gagné sa photo (en vignette Panini) dans le 20 minutes. Un as de la politique-spectacle, Paganini. La gauche frou-frou. Il ne lui manque que le tutu. Une chose cependant: s’il a le monopole du pathos tendance hystéro, il n’a pas celui des gens qui souffrent.


rts,débat,gaelle lavidière,rémy pagani,eric stauffer,anne emery torracinta,sandrine salerno,delphine perrella gabus,gauche,droite,canon,monopole,caliméro,Eric Stauffer: lui c’est Gabin. Il commence et tout le monde se tait. Pas grand chose dans son discours mais une grosse présence. L’éléphant mâle trace la voie, on s’engouffre derrière. Il a pour lui la carrure, l’énergie physique, et la rouerie du politique qui noie le poisson à peine après l’avoir pêché. La droite Rocky. Ça ne suffit pas mais ça marche quand-même.


rts,débat,gaelle lavidière,rémy pagani,eric stauffer,anne emery torracinta,sandrine salerno,delphine perrella gabus,gauche,droite,canon,monopole,caliméro,Delphine Perrella-Gabus m’a surpris en bien. Technique, posée, directe, un peu rigide mais assurant bien. Une vitrine brillante pour le MCG qui manque cruellement de théoriciens, d’où sa propension à confondre la politique constructive et l’opposition systématique du genevois râleur.

 


rts,débat,gaelle lavidière,rémy pagani,eric stauffer,anne emery torracinta,sandrine salerno,delphine perrella gabus,gauche,droite,canon,monopole,caliméro,Sandrine Salerno: en direct elle a appris à être d’accord avec tout le monde. «Mon adversaire tient en effet des propos pertinents». Elle passerait presque pour centriste. Voudrait-elle se faire pardonner ses dérapages et sa guerre des sexes? Mais hors caméra son sourire carnassier ne trompe pas et son naturel revient: c’est une prédatrice. Dommage que le féminisme ait trop serré son cerveau: libre dans sa tête elle pourrait être une héroïne de tragédie. Elle semble porter cette démesure. Mais il faudrait qu’elle admette une touche de féminité dans son personnage: horreur, soumission suspecte!



rts,débat,gaelle lavidière,rémy pagani,eric stauffer,anne emery torracinta,sandrine salerno,delphine perrella gabus,gauche,droite,canon,monopole,caliméro,Anne Emery Torracinta: je l’aime bien, sans vraie raison, c’est comme ça. Mais j’ai un problème avec elle: son regard parfois si longuement fixe et vide, et le stress qui envahit régulièrement son visage et sa bouche. Quel est le secret de ce visage? C’est comme une deuxième Anne qui cherche sa place dans ce corps si mince.


Ça n’a rien à voir, mais il y a plus de belles filles à droite qu’à gauche. Signe que les temps ont bien changé depuis 30 ans. Avant les filles canon étaient de gauche et étaient très disponibles. Pour celles de droites, je ne sais pas encore...


Bon, pour sourire je remets ici la séquence culte du fou-rire de Lanvin et Poelvoorde au journal de la nuit il y a quelques années. La présentatrice doit leur poser des questions. Elle se prend aussi au fou-rire tout en essayant de garder son fil. Mais qui aurait pu résister? Elle rit jusqu’au bout avec un bonheur contagieux. J’espère que Gaëlle Lavidière ne m’en voudra pas de repasser cette séquence. J’adore et je la trouve d’un naturel et d’une grâce formidables même dans ce fou-rire.



Les commentaires sont fermés.