02/10/2013

Jenni, Nidegger et Roussel sur Léman Bleu

D’abord quelques impressions du débat de dimanche sur Léman Bleu. Alexis Roussel, du Parti Pirate (PéPé), est monocorde et inexpressif. Sa manière de n’être ni pour ni contre la traversée de la rade est décevante: ils feront ce que les électeurs veulent. Or un parti se doit aussi de faire des propositions. Cela me rappelle Ségolène Royal: «Mon programme est le vôtre». 


léman bleu,pierre jenni,yves nidegger,alexis roussel,rade,geneve,traversée,élections,conseil d'etat,Il la joue «Nous devenons influents à Genève» ou «Nous sommes un parti international avec un vrai programme de gouvernement». Mais cela reste au niveau de l’affiche: on multiplie les mêmes pour faire nombre et on fait sa méthode Coué. Le programme du PéPé est du même acabit: sur leur site les mêmes propositions sont répétées plusieurs fois. Prend-on les lecteurs pour des idiots? Ou veut-on juste faire du volume?

léman bleu,pierre jenni,yves nidegger,alexis roussel,rade,geneve,traversée,élections,conseil d'etat,Yves Nidegger de l’UDC est intelligent et son esprit est organisé. Il vaut sans doute mieux que sa lamentable prestation sur la TSR le 23 septembre, où il agressait Pierre Maudet et bloquait le débat par une attitude négative qui le dessert. Après on est d’accord ou non avec ses idées. N’étant pas nationaliste j’ai quelques peines à me trouver en phase, mais la personnalité est intéressante.

léman bleu,pierre jenni,yves nidegger,alexis roussel,rade,geneve,traversée,élections,conseil d'etat,Pierre Jenni a mes faveurs, on le sait. On sent qu’il est à l’aise même s’il peut encore être plus précis et gagner en puissance dans ses propositions. Mais son indépendance est garante d’une action politique libre. Ce n’est certes pas facile d’être indépendant. Il faut trouver des majorités en dehors des clivages habituels. C’est bien ce qui est intéressant et je crois que son projet politique est de nature à créer des majorités.

Par ailleurs, en plus de sa connaissance du terrain, l’homme dispose de l’énergie et de la détermination pour débloquer Genève. Depuis Christian Grobet on marche sur la tête des citoyens, on favorise les blocages et on fait la guerre aux voitures. Or la Constitution exige une égalité de représentation des modes de transports.

Dans de précédents billets j’argumente sur la traversée de la rade, projet qui devient une priorité pour Genève. Ce n’est pas avec madame Künzler que cela se fera: la guerre aux voitures est sa profession de foi.

Pour en savoir plus sur Pierre Jenni et les autres aspects de son projet politique, je remets son interview ci-dessous. Je recommande aussi de visiter son site ici.


Le 6 octobre, et au second tour en novembre, votez et faites voter Pierre Jenni, votez sa liste ou rajoutez-le sur d’autres listes. L’élection est très ouverte cette année, c’est l’occasion d’un changement politique fort.



Commentaires

Il y a quelque chose de pathologiquement intéresant à s'incarner dans des mouvements et des personnes très minoritaires et, en finalité, n'ayant aucune chance de parvenir à l'élection.

Ce type de comportement est caractéristique de ceux qui se complaisent dans le rôle de la victime: on ne peut que perdre et donc être spolié, ou martyrisé par la majorité.

Sans vouloir critiquer Pierre Jenni, dont les motivations paraissent sincères, comment imaginer cet homme au Conseil d'Etat? Se poser la question, c'est déjà faire la réponse: il faut voter utile, de sorte à barrer la route aux plus nocifs des candidats: Salerno, Nidegger, Poggia... Et donner sa voix à Pierre Jenni, c'est la perdre, définitivement, surtout au second tour.

C'est assez désolant d'en arriver là, j'en conviens...

Écrit par : Déblogueur | 01/10/2013

Bravo, John, pour la réalisation de cette vidéo présentant Pierre Jenni et l'originalité du geste! Il faut effectivement des personnes de bon sens comme lui pour tenir compte des réalités très concrètes de notre monde en évolution plus rapide que jamais.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 01/10/2013

ça pisse pas loin si aucune réponse n'est postée.

Écrit par : pierre à feu | 01/10/2013

Les réponses sont publiées quand je suis disponible même un court instant, soit assez régulièrement. Mais il m'arrive de ne pas l'être.

Écrit par : hommelibre | 01/10/2013

ok, alors on sélectionne par le vote

MCG non mais Jenni oui
Poggia non mais Jenni oui.

avec Poggia en tête de liste, le MCG n'offre que du bazar où les musulmans sont sûrs d'être contents
et ce mec et ce qu'il traîne, ça fait chier (signé: du CH pur et dur)

avec Stauffer, le MCG Genève a un tribun pouvant se prétendre représentant des suisses

Écrit par : pierre à feu | 01/10/2013

Les discours sont différents. Je ne peux adhérer au discours "Toutes les institutions sont pourries" imprimée sur des affiches du MCG, ni au ton des propos anti-frontalier. Je ne suis pas non plus convaincu par l'argumentaire MCG à ce sujet.

Jenni a des positions différentes. Il n'incrimine pas toutes les institutions, il dénonce une politique et en propose une autre.

Écrit par : hommelibre | 01/10/2013

Déblogueur: voulez-vous me donner une leçon de vote utile? Je ne crois pas vous avoir mandaté à cet effet. Il se trouve, si vous ne le savez pas, que la démocratie est la liberté du choix de vote. L'idée proposée par Pierre Jenni me paraît importante, la manière de la porter aussi. C'est aussi simple.

A vous lire il faudrait d'emblée placer les "bons" candidats en nombre adéquat. Il n'y aurait même plus besoin de voter. Je vous laisse à votre conception légèrement pathologique de la démocratie et du libre choix de l'électeur.

Il n'y a pas besoin de victime ici. Votre imaginaire vous joue des tours. Je considère qu'une population fait ses choix librement. Parfois je m'y retrouve, parfois pas. N'allez donc pas inventer ce qui n'est pas, ou faites-le à dessein utile. Ici on ne voit que le venin de votre foi malade et non la brillance de votre intelligence.

Vous advient-il parfois de ressentir de l'enthousiasme pour quelque chose? Ou avez-vous dépassé la date de péremption?

Écrit par : hommelibre | 02/10/2013

ici ça parle de Jenni et ça le relève mais pas un mot de Roussel ou des pirates. ni de Niedegger - les 3 étant sujets du blog: ça doit pas être le bon blog! décidément, vaut mieux que je dorme.

Écrit par : pierre à feu | 02/10/2013

@ Homme Libre: loin de moi, ne serait-ce que l'idée de vous donner une leçon de quoique ce soit. Vous n'en n'avez aucun besoin... Je ne faisais que partager avec vos lecteurs, et vous-même, une impression et une stratégie électorale que j'ai fait mienne.

Au-delà de cela, vous faites ce que vous voulez, pensez ce que vous voulez et votez comme vous le voulez... Il me paraît néanmoins qu'avec le scrutin majoritaire désormais en vigueur, il est préférable de voter "utile", de sorte à ne pas disperser les voix. Mais bon... Comme dit plus haut, vous faites ce que vous voulez... Toutefois, si vos candidats préférés ne sont pas élus, ce qui est un risque majeur en ce qui concerne Pierre Jenni (dont, encore une fois, les bonnes intentions ne sont pas en cause), et que nous nous retrouvons avec un Conseil d'Etat composé de bric et de broc, vous, nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer...

Quant à l'enthousiasme, je vous retourne le compliment... Car lorsque vous avez terminé de donner votre avis sur tout, que vous reste-t-il, sinon cette impression de n'avoir servi à rien?

Et puis, merci du compliment de la "date de péremption"! Très drôle. Enfin, une pensée profonde pour votre élévation: "l'ennui est contre révolutionnaire, toujours" (Guy Debord, dont je vous recommande la lecture, si ce n'est déjà fait).

Écrit par : Déblogueur | 02/10/2013

@ Déblogueur,

Assez amusant de vous lire citant Debord. Surtout sur l'une de ses affirmations les plus petites-bourgeoises. L'ennui n'existe pas dans ma vie: je n'ai pas le temps pour ce luxe d'intellectuels en surenchère idéologique comme il l'était.

Le Conseil d'Etat vaut d'être renouvelé et modifié. Dans les candidats nocifs, je mets aussi Mme Künzler. Il faut donc envoyer un message clair et Pierre Jenni propose à mes yeux le message le plus clair avec le moins d'arrière-pensées parasites. Je souhaite qu'il passe et je ne veux pas polémiquer sur ses chances.

Pour ce qui est de la date de péremption, je vois que vous avez besoin d'être rassuré sur mon compte. Je vous rassure donc: je garde intact plein d'enthousiasme. Je n'ai jamais le sentiment de ne servir à rien, même si je ne suis qu'une poussière à l'échelle de la planète. Je n'ai pas comme vous ce dont vous parliez il y a quelques temps: le mot était, je crois, "être désabusé" ou approchant.

Écrit par : hommelibre | 02/10/2013

@ Homme Libre,

Je ne sais si vous avez lu la "Société du spectacle", qui date sauf erreur de 1967... Les propos de Debord, plus de quarante ans plus tard, sont prophétiques en ce qu'ils annonçaient la vacuité spectaculaire de notre civilisation... Petit bourgeois ou pas, quelle importance?

Quant à votre vanne sur ma prétendue "date de péremption", très drôle encore une fois, ne voyez dans mon commentaire que du premier degré, rien de plus. La raillerie, finalement, est l'arme de celui qui ne peut rien dire d'autre. J'en ai franchement ri.

Allez, bonne journée quand même.

Écrit par : Déblogueur | 02/10/2013

J'ai en effet lu Debord et la "Société du spectacle". Si le propos est relativement prophétique ( relativement car le spectacle était déjà bien présent au XIXe siècle en tant que mise en scène des groupes et individus), je ne partage pas pour autant l'analyse des causes.

La notion de représentation est trop profonde que pour être liée au capitalisme, ce qu'il me semblait faire de mémoire, et les besoins cachés par la vacuité du spectacle (je souscris à ce constat de vacuité à bien des reprises) ne sont pas explorés. Ces besoins sont profonds et multiples. Ce serait un peu long de les développer ici.

Enfin on passe à côté d'un élément qui me paraît important: cette société du spectacle a pour effet collatéral un haut de gré de liberté individuelle.

Écrit par : hommelibre | 02/10/2013

D'abord, bravo à John pour ce geste civique et citoyen, et vu la lamentable gestion faite par les partis de tous bords, je ne peux qu'aspirer à voir des individus venir représenter la population au conseil d'état et Pierre Jenni avec son courage et sa détermination semble tomber à pique pour amener une dynamique dans l’essor de notre ville.

Si l'on fait un décompte, nous sommes une grande majorité à être hors partis !!!

Écrit par : Corto | 02/10/2013

Pierre, Jenni, pourquoi pas proposer à l'Europe entière, vu que Genève est la capitale du "temps", de stopper cette énorme connerie d'heure d'été et d'hiver et d'oeuvrer pour sortir les vaches, les canaris et les travailleurs de ce cauchemar épargnant certainement certains décideurs faisant des grasses- matinées, eux !

Autre proposition, taxer plus les robots et autres machines suppriment des emplois, car de toute façon, un jour, si l'on veut garder un état dans l'état, il faudra considérer le travail fait par les automates, dans le fond, c'est le travail qui est le plus taxé dans notre société, nous travaillons pour payer des impôts sur le travail alors que des machines exécutent ces travaux 1000 fois plus vite que les humains, sans payer un centime, elles !

Écrit par : Corto | 03/10/2013

Encore, un truc ;

Imposer le voile à tous les socialos, vous savez, ceux qui militent pour le voile imposés aux femmes, suivre l'exemple de Micheline !

Écrit par : Corto | 03/10/2013

Au fait, les genevois savent combien les SIG, (vous savez, ceux qui veulent produire de l'électricité "propre" avec des panneaux solaires "made in China", pays qui produit son électricité avec des centrales au charbon) font de bénéfice sur le dos de la ville de Genève rien qu'avec le jet d'eau ?

Si l'on sait que la section du jet et de xx mm et que la hauteur est de 130 mètres, il faut une pression de xx bars et que pour produire cette pression, il faut une puissance de XX, ça fait combien de Sfr. à la minute si l'on sait que les SIG vendent leur courant au prix de vente de XX et qu'ils le payent XX.

P.S. pour fabriquer un panneau solaire de 100 watts en Chine, ils faut 15 tonnes de charbon (ensuite il faut le transporter depuis 15'000 km) ! Super l'énergie "propre" subventionnée par la confédération via les SIG !!!

Écrit par : Corto | 03/10/2013

"J'ai en effet lu Debord et la "Société du spectacle". Si le propos est relativement prophétique ( relativement car le spectacle était déjà bien présent au XIXe siècle en tant que mise en scène des groupes et individus" ... "cette société du spectacle a pour effet collatéral un haut de gré de liberté individuelle."

Si c'est ainsi que vous avez compris le sens du mot "spectacle"... (comme "mise en scène" ou comme offrant une "liberté") je crains qu'il y ait un contresens... grave. Et effectivement le capitalisme s'est développé au 19e siècle déjà.

Le spectacle à la sauce Debord est un rapport social et une vision du monde. Il est un pouvoir séparé. Il est lié à un mode de production (capitaliste), il est la principale production de la société actuelle. Il est la négation de la vie. Il est une aliénation. Et donc tout le contraire d'une liberté. On passe de l'être à l'avoir, et de l'avoir au paraître.

Citation :

"Il ne peut y avoir de liberté hors de l'activité, et dans le cadre du spectacle toute activité est niée, exactement comme l'activité réelle a été intégralement captée pour l'édification globale de ce résultat. Ainsi l'actuelle « libération du travail », l'augmentation des loisirs, n'est aucunement libération dans le travail, ni libération d'un monde façonné par ce travail. Rien de l'activité volée dans le travail ne peut se retrouver dans la soumission à son résultat."

Et :

"L'aliénation du spectateur au profit de l'objet contemplé (qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s'exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir. L'extériorité du spectacle par rapport à l'homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représentent. C'est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout."

Finalement il serait assez cocasse que vous ayez un seul point commun avec un auteur dans le droit fil de l'analyse marxiste. Et un digne successeur de la critique sans concession du capitalisme.

Écrit par : Johann | 03/10/2013

Nous entrevoyons à nouveau les bas fond des idéologies les plus crasses, Johann et d'autres et leurs proses pseudo-intello de piliers de zincs achalandés d'alcools de basse facture, viennent avec des discours d'ayatollahs en culottes de cuir tout en cherchant à sortir de sa coquille vide, un escargot inexistant dans un beurre trop cuit !

Tandis que Johann se contemple, nu, dans le miroir asocial de son insouciance, le monde continue de faire tourner les esprits faibles, ceux qui amarrent leurs certitudes aux bites des enfers rouges.

Non, Johann, pas ce genre de contradiction justifiant le silence des timoniers les plus sanguinaires, oui au spectacle, oui à la contradiction, oui à l'incohérence, oui aux erreurs et oui à la parole !

Écrit par : Corto | 04/10/2013

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