16/10/2013

Conseil d’Etat 2e tour: Isabel Rochat

Ce prénom, Isabel, écrit à la manière espagnole, m’interpelle. La dame a le dos droit, on dirait une cavalière émérite chevauchant les rouleaux de la mer. Une force venue de sa propre action. Un cavalier de feu arpentant les collines genevoises. Un personnage aux accents plus profond qu'on ne l'imagine.


isabej1.jpgComme pour madame Emery-Torracinta, ceci est un portrait impressionniste, subjectif, non exhaustif, prenant en compte ce que son site raconte d’elle et mes propres impressions. J'aime voir dans les candidats ces touches personnelles qui parfois font la différence. Isabel Rochat a trouvé la politique en tenant son rôle de mère. J'imagine son histoire. La politique était debout sur le chemin de l’école. Ses premiers, encore petits, lui ont demandé:

- Oh, Maman, c’est quoi?

Elle prit le temps de leur expliquer pourquoi il y avait des affiches avec des dames et des messieurs si souriants. En racontant elle est devenue forgeron: elle a porté sa carrière sur le feu, l’a modelée au feu qui donne forme et est devenue cette dame à la voix d’airain. Giacometti aurait aimé cette silhouette mince et active.

Elle a choisi d’interrompre 10 ans de vie professionnelle pour éduquer ses enfants. Elle a aussi accompagné son mari, chirurgien, dans des missions humanitaires en Afrique. Cela charpente une conviction. Je connais un peu l’Afrique: elle fait changer notre regard.

Elle a baigné dans la vie publique d’une des grande communes du canton, Thônex, quelle a administré. Depuis 2009 elle a épaissi son bagage politique de la fonction de Conseiller d’Etat. Ses thèmes de prédilection: la sécurité, l’environnement, l’emploi et le marché du travail, l’action sociale, les personnes âgées et le handicap.isar.jpg

Isabel, je l’appelle Isabel comme on appelait les femmes et les hommes au temps des héros. On imagine le mélange de grâce et de détermination qui a nourri sa monture. Est-ce à cause de cela que sa relation avec la police fut houleuse? Elle a quand-même osé, à cette période, mettre en place une politique de retour des petits délinquants avec une somme d’argent et une identité qui permettait le renvoi immédiat en cas de retour. Cela coûtait de l’argent, mais il coûtaient de toute manière, en actions de la police, en frais de justice. Ils coûtaient aussi la tranquillité des contribuables.Elle fut accusée de payer les délinquants. En réalité elle les renvoyait sans les humilier et avec le pied à l’étrier dans un nouveau travail. Elle faisait ce que tout humain censé devrait approuver: rendre la force vive d’un jeune en dérive à son pays d’origine et installer le travail chez eux. Ceux qui aujourd’hui culpabilisent les vivants en exploitant les morts de Lampedusa devraient se rappeler de la justesse de cette action.

Le climat hargneux de cette période n’avait alors pas permis de prendre la mesure de cette politique.

Dans la page de son site parlant de ses réalisations il y a celle-ci: l’aide aux familles qui sont en marge de la décence économique, afin de leur éviter de basculer dans la précarité chronique. Cette aide est ciblée.

Il y a aussi l’aide au désendettement, l’aide à la réinsertion, le soutien aux entreprise.

Isabel Rochat accomplit une synthèse nécessaire: lier l’esprit libre et libéral avec l’importance sociale donnée à l’humain.

Elle fera probablement partie de ma liste au Conseil d’Etat.


2e tour, billets précédents:

Un choix embarrassant

Anne Emery Torracinta

Le Parti Pirate sexiste

La préférence genevoise

17:12 Publié dans Elections, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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