29/10/2013

Conseil d’Etat 2e tour: Luc Barthassat, le gendre idéal

Parfois il est bon d’attendre. La patience n’est pas toujours mon fort. Mais ici je n’ai rien à perdre, rien à prendre, tout à donner. Oh, excusez-moi, je m’attribue par maladresse la phrase de Luc Barthassat dans sa Minute pour convaincre sur la TdG.


geneve,élections,luc barthassat,ordinaire,Il faut dire que la phrase est large et n’importe qui voulant se faire aimer peut la dire à tout moment. Imaginez un instant qu’il ait exprimé le contraire: «J’ai tout à perdre, tout à prendre, rien à donner»: là il aurait fait un vrai buzz. On aurait parlé de lui autrement qu’en terme d’amour. Car sa phrase et sa minute pour convaincre, ne sont que dans le mode «Aimez-moi».

Mais est-ce que l'on veut vraiment l’aimer lui? Il me semble qu l'on attend un ministre, pas un gendre idéal.

D’accord ma mère en aurait raffolé pour une de mes soeurs. Il est poli, ne dit rien de contrariant, propose aux genevois et genevoises de faire le job à sa place:

«Je suis un  homme quelque part un peu ordinaire et qui compte sur vous faire des choses extraordinaires».

Ça, ça ne passe pas. On ne dit pas à ses électeurs et électrices de faire le job. Cela me rappelle Ségolène Royal en 2007: «Mon programme, c’est vous». Plus vide, difficile à faire. On le sait qu’il est proche des gens, ça se répète partout comme une prière: «Luc Barthassat est proche des geneve,élections,luc barthassat,ordinairegens, Luc Barthassat écoute les gens, Luc Barthassat sert à boire, amen». C’est comme Hodgers et sa vie de famille (encore un qui met en scène sa vie privée à l’approche des élections): on n’entend plus que ça. Mais l’émotion ferrée avec un si gros fil ne remplace pas un programme.

D’accord, en une minute un programme ne tient pas. Alors il fallait sortir au moins une bonne raison, un projet, de voter pour lui. Ou alors offrir le verre à la République. Tout mais pas ça. C'est comme le président normal: on voit ce que cela donne.

Dailleurs je commence à trouver suspect tous ces soutiens incertains, ces «ordinaire», de «terrain», ces «bien encadré il sera excellent». On dirait «c’est pas une lumière mais il est plein de bonne volonté», ou bien «tout seul il sera incapable», ce serait pareil. Il reconnaît d'ailleurs lui-même dans la Tribune qu'à Berne il n'a pas vraiment géré les gros dossiers. A croire que l’histoire qui se raconte est vraie: on est en train de flinguer Barthassat en donnant de lui, en creux, une image peu valorisante. Il faut juste lire entre les lignes. Et lui-même vient de se tirer une balle. Parce que le misérabilisme n’a jamais fait la grandeur d’une République.


A écouter sur le site de la TdG.



Allez, Diane, envoie la sauce, faut lui remonter le moral:

 

2e tour, billets précédents:

Un choix embarrassant

Anne Emery Torracinta

Le Parti Pirate sexiste

La préférence genevoise

Isabel Rochat

Eric Stauffer

Céline Amaudruz

19:59 Publié dans Elections, Politique | Tags : geneve, élections, luc barthassat, ordinaire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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