11/12/2013

Accident rue de Lyon: sous l’effet du cannabis?

La Tribune de Genève indique ce matin, sous la plume de Fedele Mendicino, et suite au drame récent de la rue de Lyon, que les conducteurs des voitures incriminées conduisaient sous l’effet du cannabis. Cette nouvelle va entrer en collision avec la proposition d’un groupe de députés dont je parlais récemment, proposant de libéraliser la consommation de cannabis tout en l’encadrant.


route,vitesse,cannabis,rodéo,rue de lyon,mortLa conduite sous cannabis est contestée, selon l’avocat d’un des conducteurs. Il aurait fumé un joint dans l'après-midi. Par rapport au cannabis, les traces de THC sont décelables dans le corps après l’effet récréatif. Il est donc possible de conduire sans être un danger tout en ayant encore ces traces dans le sang.

Quoi qu'il en soit ici et que l'enquête permettra peut-être d'établir avec certitude, il faut rappeler, encore et encore, que le cannabis, comme l’alcool et certains médicaments, altère les réflexes. On le sait. Il faut rappeler que le conducteur est responsable de ses actes et de ses choix. C'est son  comportement qui est en cause quand un accident survient sous l'effet d'une substance, c’est son choix de prendre un risque impossible à maîtriser. La liberté s'arrête ici, quand d'autres personnes sont directement sous la menace de ce comportement. Cela ne se discute pas.

Nous ne sommes pas dans la peau des conducteurs quand ils prennent des risques incontrôlables, et l’on ne peut mettre un policier derrière chaque automobiliste. Si l’auto-limitation ne fonctionne pas, c’est aux proches et aux passagers éventuels d’intervenir, quitte à prendre les clés de contact par la force au besoin.

Une voiture peut devenir une arme, et toutes considérations envisagées, seules la prudence et la capacité à maîtriser un maximum de risques sont adéquates. Ici par exemple, le conducteur qui a heurté deux passants - dont l’un est mort sur le coup et l’autre gravement blessé - «dit avoir été ébloui par les phares d’une voiture arrivant dans sa direction.» C’est bien pour ce genre de situation que la loi prévoit que le conducteur doit adapter sa conduite aux conditions de la route. Des phares éblouissants doivent automatiquement faire ralentir. Il faut donc garder ses réflexes en alerte dès que l’on est au volant.

Or, même à jeun, il n’est pas possible de gérer un tel stress (éblouissement) en roulant à 154 km/h en ville (selon la police, ce qui est contesté). Les rodéos - si c'en est un - font peut-être frissonner pour les risques encourus. Mais ces risques n’engagent pas que les conducteurs. Quand on roule trop rapidement on sait que l’on s’apprête peut-être à tuer. La possibilité de la mort d’autrui est inclue dans le risque. Il n’y a pas de hasard. Seuls les sentiments de sa propre toute-puissance et de son invulnérabilité prévalent alors. La sanction pénale doit être à la hauteur de ce risque et de cette attitude.


L'enquête et le procès permettront d'établir les responsabilités, espérons-le. Mais la sanction ne suffit pas: la peur n’est pas toujours dissuasive. C’est à nouveau aux proches et amis d’un conducteur de tout mettre en oeuvre pour empêcher la prise d’un tel risque, quand c’est possible. Quitte à paraître timoré. Ce qui est un prix acceptable à payer, comparé à la mort en direct.


Image capture d'écran rts.

09:04 Publié dans Genève | Tags : route, vitesse, cannabis, rodéo, rue de lyon, mort | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Quant à un titre lu dans la TdG selon lequel le Bureau des autos de Genève serait trop laxiste, je ne voix qu'un bonne dose de cannabis ou autre drogue qui a pu l'inspirer. A moins qu'un détecteur de futures criminels serait déjà sur le marché et qu'il aurait échappé aux autorités genevoises.
Mais peut-être suis-je trop sévère: si tous les conducteurs de moins de trente ans étaient obligés de rouler dans de vieilles caisses incapables de dépasser le 90 km, certains accidents seraient certainement évités, à condition toutefois que la mesure soit applicable aussi aux rejetons de certains oligarques des "chers" visiteurs de nos palaces.

Écrit par : Mère-Grand | 12/12/2013

"Par rapport au cannabis, les traces de THC sont décelables dans le corps après l’effet récréatif. Il est donc possible de conduire sans être un danger tout en ayant encore ces traces dans le sang."

Malheureusement ce n'est pas vraiment le cas, l'effet retard du cannabis est connu des chercheurs et les expériences faîtes sur des pilotes de lignes en simulateur ont démontré une persistances d'erreurs 24h après un joint

http://www.medicine.ox.ac.uk/bandolier/bandopubs/cannfly/cannfly.html

Écrit par : aoki | 17/12/2013

Merci pour cette info, qui contredit ce que j'ai écrit dans mon billet. Ces compilations de tests sont en effet explicites. Peut-être en faudrait-il d'autres plus récentes pour confirmer ou préciser les résultats, en particulier dans le cas de la conduite automobile. Toutefois, au vu de ceux-ci, le principe de précaution doit primer sur le route, espace où notre activité peut devenir dangereuse pour d'autres personnes en cas de diminution de l'attention.

Écrit par : hommelibre | 17/12/2013

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