24/03/2014

Moment délicieux

La scène se passe dans le trolleybus 7. Je vais à mon cours de chant. Le nez dans un bouquin je ne remarque pas de suite une personne qui m’interpelle. Elle insiste. Je lève les yeux. Une jeune femme, peut-être la trentaine, me demande à passer pour s’asseoir sur le siège fenêtre, vide, à côté de moi.


bus,grâce,délice,sourire,Confus de ne l’avoir pas remarquée de suite je me lève, lui présente mes excuses, et me pose à nouveau sur le siège quand elle est installée. Je lui dis encore que j’étais ailleurs, plongé dans la lecture. Elle me dit en souriant qu’elle avait remarqué.

Je replonge dans mon livre et nous n’échangeons pas d’autre parole. Arrivé à l’arrêt des Délices je me lève pour descendre du bus. Je regarde à travers la fenêtre. Une sorte de pudeur me retient de lui dire au revoir. L'échange était si court qu’il ne me semble pas suffisant pour en marquer la fin.

Pourtant elle porte un regard vers moi. Je le vois dans le coin de mon oeil, et je comprends qu’elle invite mon regard. Elle me souhaite une bonne soirée avec un simple sourire et deux mots. Une manière de confirmer qu’il n’y a pas de trouble. Je lui fais aussi un sourire, et je descend.

Longtemps encore je suis habité par ce moment délicieux, cette simple bienveillance échangée avec cette inconnue.

Un petit détail dans la journée, empreint de grâce.

21:33 Publié dans Humeur | Tags : bus, grâce, délice, sourire | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Ces moments de grâce sont extraordinaires. Je me rappelle en avoir eu un du même type dans le métro de New York, avec une vieille dame noire.

Écrit par : Déblogueur | 24/03/2014

"L'échange était si court qu’il ne me semble pas suffisant pour en marquer la fin."...jolie réflexion.
J'y vois, bien sûr, le plaisir et la douceur de l'échange, bref, certes, mais bien réel, mais aussi la perte d'un contact qui ici encore, surtout parmi les "plus trop jeunes", existe en permanence. On se salue toujours partout, se parle un peu...ou beaucoup. Je ne m'imagine pas entrer dans la boulangerie, la salle d'attente du médecin ou...partout en fait, sans dire bonjour/au revoir et sourire. Il est vrai que je n'habite pas dans une grande capitale, mais cette bienveillance réchauffe tant le coeur qu'on ne peut que souhaiter qu'elle perdure et..se propage!
Bonne journée HL!

Écrit par : colette | 25/03/2014

Cela m'est arrivé il y a quelques semaines : un regard magnifique empli de tendresse, de la douceur dans la voix lorsqu'il m'a interpellée et ... je voudrais tant le revoir ...

Qui sait ... peut-être se reconnaîtra-t-il ?

Écrit par : Marie | 25/03/2014

Bonsoir Colette,

Même un bref instant contient toute sa poésie.
J'ai oublié d'écrire que j'avais approuvé verbalement l'insistance de cette personne à me déranger pour demander l'accès à la place libre. A la fin, d'une certaine manière, elle a aussi insisté. Parfois, si l'on observe finement, il y a des traces de menaces dans les relations, ici il n'y en avait aucune.

J'aurais pu la saluer sans autre en quittant le bus, je ne l'aurais forcée à rien. Mais si parfois je tape sur la table dans les sujets politiques, c'est un de mes paradoxes d'être beaucoup plus réservé dans des situations plus personnalisées. Et je reste sensible aux différences culturelles entre les hommes et les femmes telles qu'elles existent chez nous.

Belle soirée!


@ Marie et Déblogueur:

:-)

Écrit par : hommelibre | 25/03/2014

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